La « Dame » de l’eau

J’aimais écouter ce conteur. Ce paysan-éleveur devenu poète en s’instruisant par ses propres moyens. Emile Raguin a su recueillir les légendes transmises par la tradition orale. C’est avec sa voix douce, avec des mots simples qu’il captait son auditoire. Il nous faisait découvrir la simplicité de la nature. J’ai acheté plusieurs de ses bouquins et, la nuit, quand Morphée ne veut pas de moi, je lis quelques chapitres.

Régulièrement, quand je pose mes pas à la rivière, je pense à La Vouivre. Cette fée, cette dame mystérieuse mi-femme, mi-serpent qui se promène dans la campagne, aux abords de l’eau. La légende raconte que pour ne pas que ses écailles qui recouvrent son corps se dessèchent, la « Dame » a besoin d’aller se baigner ou de se rouler dans la rosée fraîche du matin.

au loin est le repère

Au loin est le repère

J’aime à penser alors que dans cette partie de la rivière, là où son accès est interdit, se trouve le repère de la fée. Il faut traverser d’abord cette grande étendue de bâtiments jamais achevés qui aurait dû devenir un grand parc d’attraction à la Paris 1900 : Les Tuileries et qui fut laissé à l’abandon. Repère de squatteurs de tout genre, il prend à la nuit tombée une allure spectrale qui redouble de mystère quand la brume envahit la plaine environnante.  Ce matin-là, du sol au ciel, tout était opaque. Je me suis aventurée à rejoindre l’antre de la « Dame ».

envol de canards

Envol de canards

 

J’ai attendu longtemps sans bouger. Viendra-t-elle? J’osais l’espérer. Quand j’ai entendu le lourd vol des canards décoller de la surface de l’eau, je me suis prise à la voir arriver. Elle poserait alors sur l’herbe du rivage son escarboucle couleur de grenat qui lui orne le front, se dévêtirait de sa tunique de voile et, précédée de sa couleuvre dorée, elle se glisserait dans l’eau. Sans gêne, belle femme au galbe sensuel et provoquant , « La Dame » se laisserait emportée par le courant…

 

Monsieur Raguin, vous nous parliez de ces hommes qui L’avaient vue,  que se passait-il pour ceux qui succombaient à son charme?

La Vouivre n’aime pas qu’on viole le bel ordre de la nature. Pour elle, l’homme est un inconscient qui, par ses travaux, risque de détruire le monde, car il croit que la terre lui appartient, alors qu’en réalité ce sont les êtres vivants, les végétaux qui appartiennent à la terre toute entière. (Emile Raguin – La Vouivre et la Lauzine. Contes et légendes de Franche-Comté)

Tout à coup, un vent léger s’est levé, le ciel est devenu plus gris et le froid m’a envahi. J’ai repris ma lucidité et m’en suis retournée vers le village. Sur la berge, je n’ai pas découvert la pierre précieuse mais le collier de perles que La Vouivre avait déposé sur une feuille de ronce. Jolie parure agencée de précieuses gouttes de rosée.

collier de rosée

Collier de rosée

3 Commentaires

  1. Ils étaient pas bizarres les champignons que tu as mangé le 25 ? Nan ? Sûr de sûr ? en vrai de vrai ?
    Bon ben va pour la dame alors XD
    Bisous et de bonnes fêtes à toi <3

  2. Je confirme pour les champignons, ils ont quelque chose de bizarre oups lol ?

  3. Non mais vous deux ! Ça va aller… ? Vous vous êtes ligués contre moi?? O_o
    Je vais vous dire… les champipi, oui, je les fume avec les ents et les kobolds et c’est hach’ ment bon. Ça te fout un de ces trips… :p
    Je vous bisouille 🙂

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