Nuit de la Chouette – 12 ème édition

Tous les deux ans, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) organise la Nuit de la Chouette.

La Maison d’Ici Centre ODCVL a animé, ce samedi 11 mars, une soirée grand public entièrement dédiée aux rapaces nocturnes pour mieux faire connaître ces oiseaux et les enjeux de leur protection.

Quand vient la nuit et que, bien douillettement sous la couette, nous glissons dans les bras de Morphée, de nombreuses espèces animales en profitent pour s’activer.

 

Geoffrey, le directeur de la Maison d’Ici accueille son public dans le hall où règne une agréable chaleur. Une fois les présentations faites et les explications données quant au déroulement de la soirée, nous nous dirigeons vers la grande salle à manger transformée pour l’occasion en salle de conférence où Frédéric et Philippe, vérifient conjointement les branchements ordinateur/vidéoprojecteur. 

La soirée débute par des ateliers ludiques. Rien n’est laissé au hasard. Passage dans une forêt créée à l’occasion dans un des couloirs pour arriver au grenier encore plus obscur que le premier milieu traversé. Dans quel univers sommes nous entrés ? Munis d’une lampe de poche à lumière occultée, (si, si !ça existe dans les Vosges !!) nous voici à la recherche de rapaces nocturnes perchés dans les branches de sapins, en mimétisme sur des piles diverses sur des étagères. Astucieux cet atelier parce qu’en plus ça va te le faire rappeler plus tard quand les animateurs expliqueront que les chouettes et hiboux ne construisent pas de nid mais utilisent des cavités et/ou anfractuosités naturelles pour nicher.

Une fois les 7 rapaces nocturnes repérés, tu peux passer à l’atelier suivant. Mais seulement si tu les as tous trouvés , sinon, tu restes là. D’ailleurs, certains cherchent encore. Mais chut ! Faut pas le dire… Donc, revenons à nos moutons. C’est le cas de le dire puisque de pelotes il s’agira. A la nuance près, c’est qu’il ne s’agit pas de pelotes de laine mais de réjection. Chouettes et hiboux avalent leur proie directement. Au cours de sa vie un rapace peut consommer jusqu’à 60 000 proies ! Tout ce qui n’est pas digéré est rejeté par le bec sous forme d’une petite pelote. Nous voici apprentis biologistes avec nos pinces brucelles et nos loupes en train de disséquer ces pelotes préalablement stérilisées… Le but n’étant pas de se retrouver aux urgences de l’hôpital d’Epinal cette nuit du 11 au 12 mars ! Eux se préoccupent plus des pigeons vecteurs de problèmes sanitaires que des rapaces…

 

Et de découvrir alors des crânes, des os en nombre assez conséquent. Ainsi, grâce à ces pelotes, nous pouvons découvrir, en suivant une clé de détermination, tout ce que l’oiseau a boulotté, ce qui nous amène donc à déduire le régime alimentaire du rapace.


L’atelier suivant est plus calme mais très instructif.

Nos animateurs passionnés et passionnants nous dévoilent les caractéristiques des 12 espèces de rapaces nocturnes vivant sur le territoire français. Passant de la morphologie à leur habitat en faisant une halte sur leur mode de reproduction puis un détour par l’alimentation et les techniques de chasse, nous passons le test final clôturant cet atelier, avec brio et mention « très chouette »…

Il est 21:47 C’est l’heure ! Ni avant ni après. C’est décidé ainsi par la Loi d’Ici. On ne tergiverse pas. Tout le monde dehors !

Nous nous retrouvons dans une nuit claire, la lune est presque pleine. A une nuit près. Nous nous dirigeons vers l’église puis vers le cimetière. Tous aux aguets, ouïes bien ouvertes.

Mais de hululements point nous n’entendrons. Où sont passées les chouettes qui nichent dans le clocher ? Hou… Hou… Nous croirons bien entendu nos Gentils Organisateurs qui nous avouent les entendre chaque soir ou presque. L’église se dessine noire sous la lune ronde, le cimetière est muet, les croix se dressent vers le ciel telles la flèche du clocher pointant un éventuel rapace qui ne viendra pas ce soir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De retour à la Maison d’Ici, c’est autour d’un pot de l’amitié que nous nous quitterons sans oublier de remercier nos animateurs du soir pour leur bonne humeur et générosité. Il est l’heure d’aller retrouver un lit bien moelleux au sein duquel nous entendrons peut-être un hululement de chouette qui voudra dire « je vous ai bien eu ! »

Au réveil ce matin, Geoffrey nous avoue qu’effectivement la chouette a lancé son cri dans la nuit claire juste après que le silence soit revenu autour la Maison d’Ici.

Concernant les 12 espèces de rapaces nocturnes occupant le territoire français, nous trouverons

La chouette hulotte, certainement la plus connue car la plus présente (entre 100 000 et 200 000 couples).

L’effraie des clochers, mal aimée à cause de son masque blanc. Surnommée Dame Blanche

La chevêche d’Athéna, symbole de la Sagesse et de la Guerre chez les Grecs

Le grand duc d’Europe, le plus grand des rapaces nocturnes, de 65 à 75 cm de haut, un est présent dans le haut massif vosgien.

La chevêchette d’Europe, la plus petite des rapaces d’Europe, de 16 à 30 cm de haut

La chouette de Tengmalm, petite également mais dont la longévité est très inférieure à celle des autres rapaces nocturnes

Le petit duc scops, présent plutôt dans le Sud de la France.

Le hibou des marais, la particularité de ce hibou est qu’il a des aigrettes très petites.

En France, toutes les espèces sont protégées par la loi. Des gestes « chouettes » peuvent être adoptés comme

restaurer les vergers et garder les vieux arbres fruitiers,

construire des nids, des nichoirs,

laisser quelques ouvertures dans les maisons ou ses dépendances,

limiter l’utilisation de pesticides,

ne pas ramasser les jeunes nocturnes : Le ramassage des poussins tombés du nid est une réelle menace. Les jeunes nocturnes quittent le nid très tôt et continuent d’être nourris par les parents.

réduire sa vitesse la nuit pour limiter les risques de collision avec les chouettes et les hiboux .

 

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