La beauté de Charles Baudelaire

La beauté

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l’azur comme un sphinx incompris ;
J’unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d’austères études ;

Car j’ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

Charles Baudelaire – Les fleurs du mal (Spleen et idéal)

4 Commentaires

  1. c’est terrible la déformation professionnelle… En regardant ton dessin je me dis « ouch, hyperlordose lombaire, si elle n’a pas mal ça va venir à moins qu’elle ne s’étire ! » Donc tu diras à ton dessin de s’étirer un peu, allongée sur le sol, ramener les genoux vers la poitrine et tirer avec les mains…. 😀

    • Elle a mal car en plus de son hyperlordose, elle traîne depuis l’adolescence une scoliose
      Elle devra bientôt retourner voir son kiné

  2. Il en va dans les dessins comme dans les romans, les films, etc., on ne connait jamais, ou que rarement, la part « autobiographique » de l’auteur…
    Reste que cette « hyper lordose lombaire » ne devrait pas – pour le moment – faire que le bonheur d’un kiné. ☺

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