La ferme enchantée

16 ans 1/2, j’arrivais à la ferme du coucou. Je ne l’ai jamais vraiment quittée. Mon cœur est resté accroché entre deux planches de la scierie, là où la sciure s’amasse en tas hauts comme les dunes; entre deux pots de lait à l’étable là où le veau maladroit dans sa robe de velours trébuchait sur les dalles humides;  entre deux pierres moussues au ruisseau là où la truite se cachait pour échapper à nos mains chapardeuses.

 

La vie nous a joué ses tours de con, emportant les uns après les autres ceux qui s’activaient dans ce coin de terre vosgienne en harmonie avec le paysage. Ils ont tous marqué de leur sueur les pierres de la vieille bâtisse, leur vie étant faite de labeurs qui rythment les saisons immuablement et partout où je passe, je vous revois encore, vos visages façonnés par les ans, par l’âme de l’endroit.

Je voudrais vous parler, je voudrais passer du temps à vous écouter. Encore. Revivre avec vous les moments de bonheur car quelque soient les événements, les occupations il y avait en vous la bonté, la simplicité, la souffrance mais que jamais vous ne montriez. 

Maintenant quand, là-bas, j’arrive, je laisse aller mes pensées au gré de mes envies. Reviennent alors des images des années passées. Un instant je m’arrête, embrassant les lieux. Mes yeux se ferment. Je suis de cette terre, je suis nourrie de chez vous.

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2 Commentaires

  1. Toujours autant d’activités

    • Scie, basse-cour variée , lapins, poney…
      Pour un seul homme cette fois.
      Il fait partie de ces personnes qui ne savent pas arrêter.
      C’est un plaisir aussi de le savoir encore actif.

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