Les moutons

Ils sont là derrière la maison dans la grande forêt de peupliers.Une herbe rase et sèche leur sert désormais de nourriture, un peu plus loin une balle ronde de fourrage, ici un peu de pain sec qu’ils viennent chercher quand ils me voient arriver.

De grands « Bêêê » selon l’occasion, d’un ton différent au gré des heures qui passent. Du matin au soir, jusqu’à la tombée de la nuit, ils appellent, ils s’appellent.

Et la nuit, quand l’insomnie me guette c’est bien souvent eux que je compte.

Dessine moi un mouton !

Pas avec un crayon !

Avec des os de la chair et du sang

Dessine le moi, pour de vrai, bien vivant !

Fais le courir dans la prairie

Donne lui la vie par ton esprit

Fais le sautiller en bêlant

Comme quand nous étions enfants

Fais caresser sa toison par le vent

Réchauffe le par un soleil brillant

Donne lui à boire au fil de l’eau

Arrose le comme un marmot

Brise la porte de son enclos

Dessine le dans les coquelicots

Libre et ivre de vie inventée

Dans une très belle journée d’été.

Dessine moi un mouton !

Pas avec un crayon

Avec tes souvenirs d’enfance

Quand tu vivais dans l’insouciance !

Dessine moi un mouton

Avec ton expérience

Donne lui la vie pour de bon

Et de la joie l’essence.

Vas y ! tout est à refaire

Commence par le mouton

Finis par l’univers

Refais le dans le ton

Mets- y l’amour que tu n’a pas eu

Ajoute celui que tu as vécu

Celui que tu n’as pas osé donner

Celui que tu regrettes d’abandonner

Mets tout ça, dans ce mouton bien vivant

Et regarde le s’éloigner en courant

Débarrassé de toute ta mémoire d’homme

Tu verras alors un petit bonhomme

Te tirer par la manche de ton veston

En te disant « dessine moi un mouton »

Poèmes à la carte 

4 Commentaires

  1. Je dessine le Petit Prince, pas les moutons.

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